vendredi 13 janvier 2012

Comment reconnaître une jolie femme ...

... quand on est assis à son bureau, en train de travailler, rideaux fermés, et que la dite femme dehors, quatre étages plus bas et à l'autre bout de la rue ?

Vous ne voyez pas ?

Au bruit qu'elle fait en marchant, tout simplement. Le toc-toc caractéristique des talons sur les pavés du trottoir est le signe qu'en entrouvrant les rideaux, j'aurai la chance d'apercevoir une jolie paire de jambes, tendues entre une jupe et des talons hauts, courant vers la gare pour attraper son train.

Rien que pour cela, j'aime mon appartement.

samedi 7 janvier 2012

Dominer au masculin

Avez-vous remarqué comme le langage érotique est bien plus fleuri quand il désigne des femmes ? Quel est le masculin d'une salope, d'une cochonne, d'une pute ? La question m'a frappé en lisant un texte de Gourmande sur la domination féminine. Par manque de vocabulaire, les mots jetés aux soumis sont les mêmes que ceux lancés aux soumises.

Là où la salope est une "Femme de mauvaise vie, dévergondée, débauchée", le salopard est un "Salaud, homme abject, vil, sans scrupules", sans connotation sexuelle donc. Et ni le salaud, ni le salop ne nous avance.

De même, si la cochonne est une "Personne de sexe féminin particulièrement obscène", le cochon n'est, au mieux (selon nos critères), qu'une "Personne aux actes ou aux propos obscènes."

La pute, outre une prostituée, est également d'après mon dictionnaire une "Femme de mauvaise vie ou prête à tout pour réussir, avec une référence explicite à la sexualité." Il propose d'ailleurs salope comme synonyme de cette acceptation. L'équivalent masculin, le gigolo, ne présente pas cette extension de sens. Sans compter que le mot est un peu trop rigolo pour servir d'insulte.

Que dire alors ?

Pour salope, je propose queutard : "Homme porté sur le sexe, baiseur, coureur." Il a l'avantage d'être à la fois une insulte et une qualité dont on peut tirer fierté. Certaines se réclament salopes (voire salopes éthiques), d'autres réclament des queutards. Lisez-donc cette apologie du queutard en remplaçant "queutard" par "salope", il fonctionne encore parfaitement.

Pour cochonne, passons donc par le porc : "Personne malpropre ou obsédée."

Pute est plus compliqué. Par effet miroir, on pourrait penser à un mot désignant un client de prostituée, comme micheton ("Homme facile à duper, en particulier client d’une prostituée"), mais le terme est daté et risque de ne pas être compris. Autre inversion, le maquereau ("Proxénète") ne correspond pas parfaitement, mais reste efficace. Vicelard peut s'utiliser dans le même genre de contexte que pute, comme Au pied, petit vicelard ou Tu n'es qu'un gros vicelard. Quelqu'un aurait-il mieux ?

On notera pour finir l'existence d'un vocabulaire par nature propre aux hommes : impuissant, châtré, par exemple.

jeudi 5 janvier 2012

Janvier 2012 (?) - Le Club des Cinq

J'ai réalisé il y a quelques jours un fantasme qui me turlupine depuis des années, et que je dois à la lecture d'un livre de science-fiction, le cycle de Mars (de Kim Stanley Robinson). Je dirais dans le deuxième tome, Mars la Verte, mais sans certitude. L'un des personnages participe à une forme de partouze soft, proche du mélangisme sans en être vraiment. Une personne s'allonge, ferme les yeux, et tous les autres protagonistes le caressent, hommes ou femmes, sur tout le corps. Le bienheureux se perd ainsi dans un océan de volupté, les mains et les langues de ses amant(e)s devenant anonymes par la force du nombre.

Dans le roman, les rôles changent à tour de rôle et l'aspect sexuel est finalement assez mis en avant. Cela n'allait pas être le cas lors de notre réinterprétation de la scène.

J'avais rendez-vous avec les quatre autres membres du Club dans un bar non loin de l'appartement de la sixième. Une fois le dernier arrivé et les consommations payées, nous nous mettons en chemin, tout en devisant gaiement. Rien dans notre attitude ne laisse transparaître la lubricité de nos intentions. Ce n'est que devant l'interphone que nous devenons plus graves. Je sonne, pas de réponse mais la porte s'ouvre. Nous grimpons l'escalier à la queue leu-leu.

La porte de l'appartement est entrouverte. Je la pousse, puis pénètre dans l'entrée plongée dans la pénombre. De la musique classique émane du salon. A. est debout, dos à l'entrée. Comme convenu, elle ne porte que des escarpins, des bas et une nuisette transparente, symbole de son hospitalité. Le jeu lui interdit de nous voir pour l'instant, tout comme il nous défend de parler. Je m'approche d'elle et lui passe un bandeau sur les yeux, tandis que mes collègues se saisissent chacun d'un des verres disposé sur la table basse et s'éparpille sur les chaises et le divan.

A. étant momentanément aveugle, je la tiens par les épaules et l'invite à se retourner vers nous. Elle pousse un petit soupir, comme si elle avait été trop concentrée sur l'attente pour respirer ces dernières minutes. Tous les regards sont tournés vers elle, admiratifs et hésitants à la fois. X. est le premier à bouger ; il pose son verre, se lève et s'avance vers A. Il enserre son cou des deux mains et l'embrasse sur les lèvres, d'abord tendrement, puis sans retenue.

Nous sommes maintenant trois autour d'elle. Moi dans son dos, qui lui caresse les cheveux et les épaules, X. devant, une main sur son sein et la langue dans sa bouche, et Y., accroupi, qui lui flatte les hanches. Le ballet commence. Difficile d'être tous actifs en même temps, surtout sans pouvoir s'aider de la parole pour se coordonner. Naturellement, nous laissons l'initiative à l'un d'entre nous, jusqu'à ce qu'il se retire et laisse la place à un autre. Ainsi, par vague, nous éveillons sensuellement le moindre centimètre carré de la peau d'A.

Nos caresses se font de plus en plus osées, de plus en plus précises. Chacun agit en fonction de ses goûts et de ses envies. Qui mordille les tétons, qui mets deux doigts dans le sexe humide d'A, qui encore se fait prodiguer une fellation. Certains redoublent de passion et de technique dans leurs cunnis, comme si un concours était en jeu. Bien sûr, nous sommes toujours au moins deux, souvent plus, à nous affairer sur le corps brûlant de notre proie. L'idée est précisément qu'elle ne sache plus où donner de la tête, que les sensations dépassent toute mesure, qu'elles débordent.

Il est temps de passer à la suite, de changer de pièce. Les volets de la chambre sont fermés, laissant transpercer une lumière tamisée. Je retire le bandeau des yeux de A. Elle a gagné le droit de deviner nos silhouettes, à défaut de nous voir nettement. Z. habille déjà son sexe dressé d'un habit de latex. Il est le premier à prendre A., alternant vas-et-viens lents mais profonds et rapides mais plus superficiels. Nous nous disposons sur le lit de part de d'autre de notre proie, la caressant tout en étant caressés, du moins quand elle n'est pas trop distraite par la queue qui s'active entre ses cuisses.

Chacun notre tour, nous jouissons d'A. et elle de nous. Elle n'en peut plus, mais, comme enivrée, elle en veut toujours plus. Ses doigts agiles et ses yeux implorants sachant nous redonner des forces, le jeu se poursuit encore longtemps.

Puis finit par s'arrêter, faute de combattants.

Nous nous retrouvons dans le salon, nus comme des vers, luisant de sueur. Un dialogue s'installe, finalement. Débriefing des amants repus. Evocation d'instants datant d'il y a quelques heures à peine. Puis, à regret, le départ et la dispersion dans les rues de Paris.

mardi 3 janvier 2012

2012, année de la ...

... saucisse de Toulouse ?

En tout cas, quelle soit bonne pour tous mes lecteurs !