samedi 17 septembre 2011

Deux marques

Pendant les vacances, deux marques m'ont confirmé deux choses que je pensais savoir de moi.

L'une m'a été laissée sur le torse par un coup de fouet. Pendant plusieurs jours, je l'ai regardé dans le miroir, en souriant.
Je suis donc bien masochiste. (Mais j'en doutais fort peu.)

L'autre, c'est Mlle Immortelle qui me l'a montré sur son bras, relique d'une poutre où je l'avais attachée quelques jours auparavant. La première pensée qui m'a traversé l'esprit, avant d'être désolé de lui avoir fait mal sans le vouloir, a été ... de la fierté.
Je suis donc bien sadique. (Et cela, c'était beaucoup moins clair dans ma tête.)

mercredi 14 septembre 2011

Septembre 11 - Le Sauna Jaurès

Je me trouve par hasard à Orléans, ville où j'ai passé un an entre mon divorce et mon déménagement sur Versailles. A l'époque, j'étais sorti quelques fois au Sauna Jaures, l'un des seuls établissements libertin du Loiret et, à ma connaissance, le seul du centre ville. Je me demande si j'en avais parlé à l'époque. Ah oui, il y a deux ans exactement, amusante coïncidence.

Il est encore tôt, le sauna est en mode "gay/bi". Je suis donc certain de n'y trouver aucune femme, mais le tarif est pour le coup encore plus bas qu'à l'habitude. C'est-à-dire presque six fois moindre qu'au Moon City... Pour ce prix-là, j'entre sans pression.

Il y a une demi-douzaine d'hommes qui attendent au bar. Les installations sont presque vide, à part deux hommes dans le jacuzzi. Je me dirige vers le hammam pour me dégader les bronches. Aussitôt, un homme entre, s'assoit à deux sièges de moi, attends 30 secondes, puis ressort. Une minute après, un autre rejoue le même manège. Il est plus persévérant, restant dans le hammam une minute entière. Je reste seul une dizaine de minutes dans l'humidité chaude, à me demander si ces passages étaient intéressés ou un autre comportement que je ne comprendrais pas.

Une fois sorti et séché, je prends un magazine et m'installe dans un transat pour lire en attendant la suite. Le club a refait sa décoration pour l'été. Les colonnes grecques ont laissé la place à une peinture murale représentant une plage, à un bateau gonflable et un mannequin allongée sur du sable.

A la fin de ma lecture, cinq couples sont arrivés. Autour du bar, ils parlent fort et rient encore plus fort. Aucun n'est très attirant, mais ils ont tout de même pas mal de succès auprès de quelques hommes, souvent plus jeunes et plus beaux. L'une des femmes s'enfermera avec trois d'entre eux pendant une bonne partie de la soirée.

Pour ma part, je traîne de zone en zone, sans me presser. Je passe un bon moment dans le jacuzzi, presque seul. Je peux m'allonger de tout mon long, seul ma tête et mes orteils dépassent. Quand je me suis allongé, l'homme présent s'est retourné, s'allongeant sur le ventre ... Est-ce encore un code que j'ignore ? Peu importe.

Je finis par le sauna où je reste moins longtemps que lors de mes précédentes visites. J'ai trop chaud et je commence à fatiguer. Je décide de faire un dernier tour dans les salles vidéos avant de partir.

C'est là que je tombe sur l'un des rares hommes qui soient visiblement bi et à mon goût. Il y a au moins un code masculin que je comprends, mais il faut dire qu'il est particulièrement explicite : une main sur le sexe en passant. Difficile de le rater ...

Rassasié par ce magnifique homme à la douce peau d'ébène, je me rhabille et je sors du club. Il est temps de rentrer !

mercredi 7 septembre 2011

Joyeux non-anniversaire, blog !

Le deuxième anniversaire de ce blog est passé sans que je m'en rende compte, en juin dernier. C'est pourtant une date importante, puisque quelques jours plus tôt, celle qui partageait ma vie depuis dix-huit ans m'annonçait qu'elle ne m'aimait plus et que je devais quitter le domicile conjugal. J'ai lu que le deuil amoureux durait deux ans. C'est donc l'heure des bilans.

Mlle Fushia m'a dit que j'aurai vraiment fait mon deuil quand je ne regretterai plus ma vie d'avant. J'aime ma vie actuelle, mais je regrette encore celle que je n'ai plus, en famille et en ménage. Je pense que je la regretterai toujours, avec une douleur plus ou moins prononcée selon les jours. Comment pourrait-il en être autrement ?

Non, le vrai critère, c'est plus simplement que ces souvenirs ne me paralysent pas, qu'ils ne m'empêchent pas d'être heureux quand j'ai toutes les raisons de l'être et que je ne pense pas au passé.

J'ai parcouru mon blog à l'occasion de ce non-anniversaire. Que de tristesse, pendant si longtemps. C'est à se demander pourquoi j'ai tellement insisté à sortir en club libertin alors que j'en sortais aussi déprimé. Sans doute que l'attraction du fantasme, de l'Utopie pornographique dont je parlais hier, était trop forte.

Dans le billet Une question fondamentale, je disais : "J'ai peur de me lancer dans une relation de rebond qui finira mal pour moi comme pour elle." C'était peu avant de rencontrer Mlle Amaranthe et, hélas, prémonitoire, même si notre histoire a été plus qu'un simple rebond.

J'ai changé de recherche depuis, quoique pas tant que cela. Mes envies ont évolué à mesure que je faisais mes expériences. Mais j'en reparlerai sans doute bientôt, pour répondre à une question que l'on m'a posée récemment, "Qu'est ce que tu veux ?", et où j'ai bafouillé une réponse qui ne m'a pas satisfaite.

En tout cas, je profite de ce non-anniversaire pour changer la couleur du blog. Vert comme les tiges qui portent mes belles fleurs. Une image champêtre en bandeau. Du ménage de printemps avec six mois d'avance, en quelque sorte !

mardi 6 septembre 2011

L'Utopie pornographique

En dehors de la beauté des corps, de l'imagination des positions et de l'élégance ou, au contraire, de la crudité des images, la pornographie a, en soi, quelque chose de fascinant. Elle ouvre une fenêtre vers un monde merveilleux, une réalité parallèle où le sexe est roi, où la liberté est reine, où tout le monde a envie de tout et de tout le monde.

Notre monde est plein de contraintes, de difficultés, dans tous les domaines et notamment pour la sexualité. Dans l'univers dépeint par la pornographie, il n'est pas question de doutes, ni de maladie, ni de frustration. Quand deux personnages d'un film érotique se plaisent, ils bandent, elles mouillent, ils baisent et tout le monde jouit.

Evidemment, la fiction présentée par la pornographie n'est pas transposable dans la réalité. C'est une utopie.

Le lieu qui pourrait s'en approcher le plus est sans doute le club libertin. Et pourtant, on est loin d'une telle disponibilité, d'une telle facilité.

Même entre gens qui se plaisent, une foultitude de facteurs extérieurs font que la concrétisation n'est pas assurée. Dans le cas de couples, il faut que l'attraction soir réciproque pour les quatre. Il faut dépasser sa timidité, que les limites de chacun soient compatibles et que l'on tombe au bon moment l'un pour l'autre.

Et ensuite, il faut encore arriver à trouver son désir, à faire abstraction de son environnement, à prendre du plaisir. Et l'on n'est pas à l'abri d'une crise de jalousie qui frappe sans prévenir, d'une explosion de préservatif, ou simplement d'une déception.

Naïvement, avant d'aller en club, je n'avais pas pensé à tout cela. Je pensais, j'espérais, y trouver l'utopie pornographie. Je n'ai pris conscience de mon erreur qu'en me confrontant à la réalité, en prenant des bleus. L'apprentissage a été long, mais je sais maintenant que le libertinage a plus à voir avec le monde réel qu'avec un rêve.

lundi 5 septembre 2011

Agnès Giard assassine les clubs échangistes

Je ne lis plus le blog d'Agnes Giard depuis longtemps. Le lien suivi depuis Sexactu me rappelle pourquoi. Dans l'un de ses derniers billets, Mme Giard s'en prend violemment aux clubs échangistes.

Sachant d'expérience que Mme Giard censure (pardon, modère ...) ses commentaires, je n'ai pas vu l'intérêt de lui répondre sur place. Mais que son avis se propage sans contradiction m'embête tout de même. Je ne suis pas le premier à réagir, M. Noir l'ayant déjà fait brillamment.

J'en rajoute une couche. Mon problème avec ce billet n'est pas le fond, mais son parti-pris et son manque de nuance. Ce n'est pas une réflexion neutre sur le sujet, c'est une plaidoirie à charge.

"Les clubs sont des maisons de passe déguisées", (...) "des PMU du coït vite-fait où des légions d’hommes seuls et frustrés viennent décharger leurs doses d’insatisfactions". (...) "En résumé : tenue de pute pour les femmes, complet noir style mafioso pour les hommes."

Certes, il faudrait se voiler la face pour ne pas voir la part de vérité dans les propos de Mme Giard. Oui, les hommes seuls paient trop cher et cela fausse l'équilibre des sexes dans les soirées mixtes. Oui, on impose aux femmes un code vestimentaire plus strict qu'aux hommes. Oui, elles sont parfois là pour de mauvaises raisons.

Toutefois, il faudrait tout autant se voiler la face pour ne pas voir que cette vérité n'est qu'un aspect d'une réalité plus complexe, et heureusement parfois plus positive. Oui, il existe des endroits où les hommes seuls ne sont pas exploités (soit qu'ils paient un tarif plus raisonnable, soit qu'ils ne soient tout simplement pas acceptés). Oui, beaucoup de femmes aiment les clubs échangistes précisément parce qu'elles peuvent y mettre des tenues qui seraient indécentes ailleurs. Et d'ailleurs, l'absence totale de vêtement dans les saunas naturistes ne change pas fondamentalement la donne. Oui, et je me doute que c'est là le point que Mmes Giard et Mazaurette ont du mal à avaler, il y a des femmes qui aiment libertiner, et qui vont en club par choix, voire sans un homme pour les pousser de force à l'intérieur.

Les remarques sur la bisexualité sont tout simplement fausses à force d'exagération et de généralisation. Elle est très répandue chez les femmes, mais n'a rien d'obligatoire. Environ la moitié des libertines de mon entourage ne sont absolument pas bi, et les portes des clubs ne leur sont pas fermées. Inversement, si la bisexualité masculine se cache, elle n'est pas interdite, ni inconnue. Là encore, quasiment une moitié des libertins que je connais sont bisexuels à des degrés divers.

C'est donc bien un assassinat. Mais à qui profite le crime ? On dit qu'avant de tuer son chien, on l'accuse de la rage...

dimanche 4 septembre 2011

(I ♥ OkCupid) Celui qui fait des caresses dans le dos

L'une des fonctions les plus amusantes d'OkCupid est le test de personnalité amoureuse (Dating Persona). Un quizz détermine quatre valeurs binaires, qui sont autant de facettes : Deliberate/Random, Gentle/Brutal, Sex/Love, Master/Dreamer. Je vous laisse traduire. Prises séparément, elles ne donnent pas grand-chose, mais combinées, elles dessinent seize archétypes possibles.

Comme pour le pourcentage d'affinité, ce test fonctionne assez bien. En tout cas, je me suis reconnu dans le résultat. Bien sûr, il y a sans doute un effet semblable à l'astrologie, où tout le monde se reconnaït dans des descriptions faites pour être génériques.

Quand je me suis inscrit sur OkCupid, il y a deux ans et deux jours, j'étais un Backrubber, autrement dit : "Celui qui fait des caresses dans le dos". C'est un caractère que le rédacteur du test définit comme ayant une forte envie de sexe, mais des moyens d'approche indirects. Comme de proposer des massasses en espérant qu'ils dégénèrent. Mais aussi en étant plus simplement gentil, en attendant que l'objet de ses attentions fasse le premier pas.

Ce qui ressemble énormément à ma méthode de séduction depuis, oh, le collège. Le fait qu'elle n'ait jamais donné beaucoup de résultat n'a pas suffit à m'en faire changer. Après tout, c'est ainsi que j'ai rencontré celle qui allait devenir ma femme. Enfin, mon ex-femme.

C'est donc un portrait que je reconnaissais, mais qui me déplaisait. Car c'est une méthode que je suis venu à détester. Qui me renvoyait une image de moi-même manquant d'assurance et de prestance. Je rêvais d'être l'acteur de la séduction plutôt que le figurant.

Evidemment, un tel changement est plus simple à rêver qu'à réaliser. Mais cette prise de conscience fait que j'ai évité les situations où je me retrouvais être "Celui qui fait des caresses dans le dos", qui m'insupportent. Je reste serviable, bien entendu, mais sans motif ultérieur. Je fais encore des caresses dans le dos, mais je m'arrête rapidement si cela ne provoque pas de réaction.

Un an après, je n'étais plus Backrubber. Grâce sans doute aux multiples partenaires que j'ai eues entre-temps, mais aussi à une transformation plus profonde, j'étais devenu ... un Playboy !

Bon, le nom est un peu prétentieux, mais la description colle assez bien à un libertin : appréciant les relations physiques sans nécessairement de sentiments, se comportant avec respect, pas mort de faim.

C'est une chouette évolution. N'empêche que le Backrubber est toujours là, et que je guette pour ne pas le laisser ressortir.

samedi 3 septembre 2011

Les Chandelles de gauche

On parle clubs libertins chez Ruquier (à partir de 5 minutes 30). On y apprend que les policiers en civil de Paris bizutent leurs nouvelles recrues en les envoyant au Club 41. Réaction de Pierre Bénichou :

- Tu sais ce que c'est que le 41 ? C'est les Chandelles de gauche.
- C'est vrai?
- Oui, non, parce que les Chandelles, c'est très mondain et là c'est populaire.
- Ah ouais ?
- Ben oui. Tu dis "je suis venu avec la femme de mon frère", il dit "la femme à votre frère". Tu vois le genre.

N'empêche qu'en dehors d'une blague sur DSK, je trouve leur discours plutôt informé et surtout positif et décomplexé.