mardi 28 décembre 2010

Lyrisme tchèque

Pour ma première soirée à l'Opéra, j'avais reçu l'invitation le matin même. Cette fois, elle est arrivée la veille, par l'intermédiaire de Mlle Fushia. Un coup de fil à Mlle Amaranthe confirme ce que je craignais : elle n'est pas disponible, trop prise par son travail pour l'être par de vigoureux étalons. Qu'à cela ne tienne, je propose d'inviter la Jeune fille au lion à nous rejoindre. Dérogeant à sa règle première de ne jamais annuler une activité verticale au profit d'une horizontale, elle accepte.

Rendez-vous est pris à deux pas de là. Un inspecteur des impôts m'ayant offert un café à l'autre bout de Paris, je suis en retard. Quand j'arrive, mes acolytes sont déjà là, y compris la Jeune fille au lion, qui a su reconnaître des libertins au milieu de la faune d'un bar ordinaire. A croire, décidément, que nos intentions libidineuses sont visibles à nos tenues ou nos regards.

Le temps de picorer une frite dans une assiette abandonnée et nous partons vers notre destination, pas bras-dessus bras-dessous, mais presque. On m'informe du scénario de la soirée, similaire au précédent. L'invitée de C*** est une ingénue que nous avons la tâche d'initier au libertinage. Nous nous divisons en couples pour parfaire l'illusion d'un dérapage...

... Mais une fois en haut, je m'aperçois rapidement que le jeu est éventé. Les convives évoquent déjà la suite de la soirée devant F*** qui semble savoir parfaitement où elle met les pieds. Et le reste.

Les lumières s'éteignent, l'orchestre se lance dans le prélude, nous dans les préliminaires. Les combinaisons exactes échappent déjà à mon souvenir, d'autant plus qu'elles ont peu d'importance au final. Des bouches se cherchent, des mains se perdent. Des corps trouvent d'autres corps, s'arque-boutent et quelques gémissement doivent être étouffés.

Je suis seul assis sur la banquette, les trois femmes penchées vers moi, chacune prises en levrette. Je baguenaude de l'une à l'autre, exultant de les toucher si intimement toute les trois à la fois, dans un magma magnifique.

Nous nous arrêtons naturellement un peu avant l'entracte, signal de l'ouverture des bouteilles de champagne et occasion de découvrir nos partenaires de façon plus conviviale que charnelle. F*** provoque la jalousie de ses consoeurs en disant, avec son délicieux accent que je n'ai pas réussi à identifier, qu'elle possède des Louboutins, ce qui seraient des espèces de chaussures magiques modernes, digne des bottes de Sept Lieues ou des chaussons de vair.

La lumière s'éclipsant à nouveau, nous reprenons de plus belle nos appareillages libidineux. Au jeu qui consiste à former le plus grand nombre d'assortiments possibles, alors cette soirée a assurément fixé un nouveau record.

Alors que j'enfonce tendrement mes doigts dans les chairs serrées de F***, les applaudissements marquant la fin du spectacle sonnent comme un coup de tonnerre. Nous nous séparons tous pour nous refroquer avant le retour des lumières ou, pire, l'arrivée précoce d'un ouvreur. Une fois présentable, ce sont les reliquats de nos agapes qui doivent disparaître : verres, bouteilles et préservatifs.

Dans l'agitation, je n'ai pas pris le temps d'enfiler mes sous-vêtements, qui atterrissent dans ma poche. C'est donc nu sous mon pantalon que je sors du bâtiment au bras de la Jeune fille au lion dont les talons descendent lentement les marches monumentales.

Il n'est pas tard, autre avantage des soirées de ce type, mais le bar où nous nous dirigeons en grappe nous ferme ses portes sous le nez. Dépités, nous nous résignons à nous séparer après un dernier baiser, qui vers sa voiture, qui vers son métro ou son bus.

mardi 14 décembre 2010

Démoniaque et élastique

Devant l'entrée de la soirée démoniaque, une longue file d'attente. Au vu de leur look très vanille, je comprend vite qu'ils sont là pour le Moulin rouge voisin et pas pour la soirée fétichiste de l'année. Je profite de ce qu'un couple de travestis traverse la foule pour m'engouffrer à leur suite. L'un d'eux cultive une beauté androgyne troublante et plutôt à mon goût. Plus tard, il jouera avec mon chapeau, mais rien d'autre... Dommage !

Après une entrée très pro, c'est dans le prétendu vestiaire que l'on retrouve le joyeux bordel que j'ai déjà connu dans une nuit élastique. Les gens se changent dans les couloirs, sur les marches de l'escalier et jusque devant le comptoir. C'est en fait le meilleur moment pour admirer les tenues, la lumière étant bien plus vive que dans la discothèque elle-même. Sans compter que l'on peut aussi apercevoir des corps dénudés qui seront habillés plus tard.

( S'il y a une différence entre le libertinage et le fétichisme, en dehors de la finalité de la chose bien sûr, c'est la variété des gens et des âges. Les clubs libertins sont une fabrique d'uniformité. Jupe pour madame, chemise pour monsieur, trente-quarante ans largement majoritaires, une idée du sexy très conforme. A l'inverse, dans les soirées fétichistes, on voit de tout. Des vraiment jeunes, des vraiment vieux, des femmes en pantalon, des hommes en jupe, des beaux et des laids. Le cuir et les chaînes ne sont qu'une différence superficielle à côté de celle-là. )

Bref, la piste de danse est déjà pleine du public des spectacles et des défilés. Au point que je ne vois que des dos et des têtes. Je fais rapidement demi-tour pour descendre au donjon, pas par pure dépravation, mais parce que j'espère y retrouver quelques amis. Et effectivement, ils gardent la porte du donjon, tels de fidèles cerbères. Seuls les couples sont invités à entrer, pas les solos. Etant venu seul, je ne verrai pas ce qui se passe derrière ces tentures noires.

Je reste donc sur la rambarde du donjon, à discuter avec les gentils cerbères, tout en admirant les tenues des gens de passage et des belles filles qui se font photographier dans le studio juste en face. Alors que la nuit s'avance, les pratiques débordent du donjon trop étroit. On voit des hommes lécher des pieds avec un air extatique, d'autres se faire fesser violemment ou servir de poufs. Je n'ai pas le souvenir d'avoir vu des soumises en action, peut-être sont-elles plus timides.

Des spectacles, je n'aurai vu qu'un bout de burlesque lesbien, le bouquet final et surtout une démonstration de bondage par des japonaises magnifiques. Après avoir accompagné Miss Fushia chez un docteur es massage de pieds (avec blouse blanche, preuve de son sérieux !), je retourne au vestiaire, lieu toujours aussi agréable pour les voyeurs.

Deux jours plus tard, j'étais avec Miss Amaranthe et les mêmes amis à la Croisière élastique. Où l'on a vécu à peu près la même chose, spectacles en moins et bateau en plus. Moins de gens, mais toujours aussi variés et extravagants. J'avais un peu honte face à ces nonnes de latex et des hommes-juments. Avec mon bête pantalon de cuir, je me faisais l'impression d'être un touriste.

C'est le lendemain matin, à deux, que nous avons enfin pu libérer toute la libido accumulée. Des instants mémorables, mais pas vraiment racontables !

mercredi 8 décembre 2010

Mort au sexe

Je ne sais pas s'il existe l'équivalent des Darwin Awards au niveau des groupes, mais j'ai trouvé des candidats au hasard de mes pérégrinations sur la toile.

Les Shakers sont une secte protestante refusant toute forme de sexualité. Pas simplement la masturbation, la sodomie ou l'homosexualité, non plus. Ni juste le sexe hors mariage. Pas plus d'exception pour la sexualité à but reproductif. Non, ils s'abstiennent de toute forme de sexualité.

Ils n'ont jamais été très nombreux, une dizaine de milliers au mieux, mais ils arrivaient à renouveler leurs rangs grâce à l'adoption. Jusqu'au jour où l'état a fermé leurs orphelinats et a resserré les critères d'adoption.

Un siècle plus tard, savez-vous combien d'idiots compte encore cette religion ?

Trois.

C'est, à ma connaissance, la seule religion dont on trouve la liste complète et nominative des croyants sur Wikipedia.

mardi 7 décembre 2010

Brève

C'est la première fois depuis plusieurs jours que je peux avaler sans avoir mal à la gorge. Quel bonheur !




Euh ...

lundi 6 décembre 2010

Rêves fiévreux

L'avantage de la fièvre, et c'est bien le seul, est qu'elle donne une qualité toute particulière à nos rêves. Ainsi, si je ne suis pas sorti de chez moi pendant ce weekend de convalescence solitaire, j'aurai tout de même bien voyagé dans les bras de Morphée. Ainsi, j'ai :
- participé à une partouze ... dans une agence bancaire. Eh bien, ce n'est pas un endroit très adapté ! J'aurais bien pris le numéro d'une jolie et fort câline maghrébine à petits seins, mais elle n'était hélas qu'une construction de mon imagination...
- accueilli *** dans ma chambre. Allongée sur le ventre, nue et souriante, elle mangeait du raisin. Un peut comme une orgie romaine, mais à deux. Je garde l'idée sous le coude. (D'ailleurs, je pourrais l'appeler Mlle Raisin...)
- donné une fessée déculottée à une femme appuyée sur le parapet d'un pont de Paris, avec vue sur la tour Eiffel illuminée. Même de nuit, ça me semble difficilement réalisable.

Bizarrement, j'ai échappé aux cauchemars qui m'assaillent habituellement lorsque je suis malade. Pas de dents qui tombent, pas de retour au lycée. Mais tout de même, j'ai été viré de mon poste d'enseignant (à la fac) au motif que j'avais oublié de donner cours depuis le début de l'année. Ce qui est malheureusement vrai...

Ce n'est qu'en me réveillant que je me suis souvenu que je n'étais plus prof depuis bientôt dix ans.

jeudi 2 décembre 2010

Ils sont partout

C'est une honte.

Oui, une véritable honte.

Scott Pilgrim n'est diffusé que dans quatre salles à Paris.

(Certes, c'est toujours mieux qu'un autre film que j'ai voulu voir, mais qui ne passait que dans 4 salles ... en France.)

Bref, j'ai été voir Scott Pilgrim ce soir. Je suis prêt à y retourner demain. (Miss Amaranthe ?) Je n'avais pas autant ri au cinéma depuis longtemps. Je ne comprends pas que ce film soit aussi mal distribué. Dommage !

Tout cela pour dire qu'en me promenant après la séance, j'ai été abordé par un homme qui me propose de but en blanc : vous voulez aller dans un club libertin ?

Soit mes moeurs sont visibles d'une façon ou une autre à ma démarche ou à mon regard, soit cet homme était en fait un rabatteur pour un bar à hôtesses, aussi appelés bars à arnaques.

Renseignements pris, il représentait le Monocle, ancien club lesbien apparemment reconverti. Mais avec des méthodes publicitaires louches. Le doute persiste.