vendredi 30 juillet 2010

La cuillère à pot

Aujourd'hui, à court de zoo, nous avons visité un fort maritime. Devant un sabre d'abordage, la guide nous a expliqués que leur garde large et arrondie caractéristique servait parfois aux corsaires pour se servir leur ration directement dans la marmite. D'où leur surnom de "cuillère à pot". Et les corsaires étant d'un tempérament bagarreur, il n'était pas rare qu'ils terminent leurs querelles l'arme à la main. D'où l'expression : "régler un problème en deux coups de cuillère à pot", qui n'est pas aussi pacifique qu'on pourrait le croire à première vue !

Par ailleurs, ma fille est rentrée à la maison avec une épée en bois. Mais, heureusement, elle a plutôt servi à débusquer les crabes sous les rochers qu'à amocher son frère !

mardi 27 juillet 2010

Juillet 2010 - Club vertical

Bizarrement, je connais bien mieux les clubs libertins que les discothèques et autres boîtes. J'ai eu une adolescence et une vie étudiante très sage, étant un geek isolé à la campagne avant le bac et m'étant casé très vite ensuite. En un an et demi de libertinage, je suis sorti bien plus que pendant les trente ans précédents.

Pour tout dire, je ne sais même pas entrer en club. Il m'a arrivé de croiser des files d'attente devant des portails parisiens cerbérisés, qui m'ont toujours laissé interdit. Est-on vraiment sensé faire la queue comme dans une quelconque attraction de Disney Land ?

Donc, j'ai profité de mes vacances bretonnes pour me faire les dents sur un club plus modeste et moins fermé. J'y suis allé seul, Mlle Amaranthe ayant préféré rester à Paris pour bronzer sur son lieu de travail.

J'y ai passé presque une heure, à siroter lentement un verre de coca et à observer les quelques clients autour de moi.

Eh bien, j'y ai trouvé beaucoup d'avantages par rapport à un club libertin. Déjà, l'entrée est gratuite (contre une centaine d'euros pour un homme seul dans un club libertin parisien, je le rappelle aux femmes et aux couples qui me lisent). Ensuite, le videur m'a laissé rentrer sans problème (alors que les hommes seuls sont admis à des horaires précis et triés sur le volet dans la plupart des clubs libertins). Enfin, mon coca m'a coûté quatre fois moins cher que d'habitude.

L'intérieur est décoré dans un style moderne. Cela devait même rendre pas mal l'année dernière quand la peinture était fraiche. C'est aussi mieux éclairé que dans un club libertin ; on peut reconnaître les gens ...

Point négatif, la programmation musicale était d'une nullité atterrante. Il m'aurait été impossible de danser là-dessus, entre sonnerie de portable, Piaf et télé-crochet. Les rares personnes qui s'y sont essayé ont abandonné dès leur chanson fétiche terminée.

Autre point négatif, la clientèle, comme dans un club libertin, est essentiellement composée de groupes et de couples. Pas facile de s'intégrer pour un solo. Il y a avait bien plusieurs femmes seules (plus que d'hommes à vrai dire), mais elles étaient trop jeunes pour moi (pour certaines, suffisamment pour craindre le détournement).

Au final, l'expérience est positive. Elle m'a conforté dans mon envie de sortir "en vertical". Heureusement, Mlle Amaranthe est beaucoup plus dégourdie que moi, et elle saura me guider dans la jungle parisienne...

dimanche 25 juillet 2010

... et des promesses.

Je t'aime. Ta bouche, tes seins et ta chatte me manquent, mais moins que toi, tout simplement toi. Je te veux toute à moi, je te veux tout contre moi. Sois mienne et je serai tien.

samedi 24 juillet 2010

Des promesses ...

Elle me dit : "Je veux que tu m'encules. Que tu me sodomises. J'ai envie de te sentir en moi jusqu'à en jouir.". Voilà ce qu'elle me dit, mais ... à trois cent kilomètres de distance.

A dans dix jours, mon amour. Je n'aurai pas oublié.

dimanche 18 juillet 2010

Brève de vie

Vivre de sa plume rend attentif aux fautes, surtout à celles que l'on a soi-même fait longtemps avant de saisir son erreur. Et on prend le réflexe de les corriger lorsqu'on les entend autour de soi, parfois au risque de vexer. (J'ai même énervé Mlle Amaranthe par ce biais.) Ainsi, en prenant ma fille, en pleurs, dans mes bras :

"- Je suis tombée dans les escaliers !...
- Non. Tu es tombée dans l'escalier, il n'y en a qu'un."

vendredi 16 juillet 2010

Brève de vie

"- Au revoir, maman ; je t'aime fort fort fort ! Au revoir, Homme en Noir, je t'aime fort fort fort !" dit ma fille alors que je l'emmène en vacances. Petit pincement au coeur.

Mais bizarrement, pas plus. J'ai reconnu une source de grande douleur potentielle, mais elle n'est pas venue. Etais-je insensibilisé par la fatigue, exalté par la joie de revoir mes enfants, ou tout simplement en train de guérir de cette blessure ?

Un homme divorcé me disait plus tôt dans la journée que l'on finit par s'habituer à ne plus vivre avec ses enfants. Que l'on trouve un autre rôle, sans être présent au quotidien. Que les souvenirs, autrefois joyeux et maintenant teintés d'amertume, s'effacent.

Deux semaines de plage, de zoo et d'aquarium devraient aider à créer de nouveaux souvenirs, histoire de pousser les anciens dans les combes et dans les caves. Histoire aussi de nous rappeler, à moi comme à eux, que je suis toujours père.

jeudi 8 juillet 2010

Juillet 2010 - Première soirée privée

L'expression soirée privée désigne trois choses complètement différentes dans le vocable libertin. Si un couple invite un autre couple chez lui, c'est une soirée privée. Si une boîte n'ouvre que sur invitation, c'est aussi une soirée privée. Si un organisateur loue une salle et la transforme en club libertin éphémère pour un soir, c'est encore une soirée privée. Autant dire qu'il est facile de confondre les trois.

Eh bien, c'est à un quatrième type de soirée que nous avons été invités. Une soirée dans un lieu de prestige, avec un nombre restreint de couples choisis. Nous n'étions pas invités au domicile de l'organisateur, comme nous l'aurions été lors d'une soirée privée, mais il nous a demandé d'amener une bouteille de champagne, comme pour une soirée privée. Nous n'étions pas dans une boîte, comme nous l'aurions été lors d'une soirée privée, mais nous n'entrions que sur invitation, comme dans une soirée privée. Nous n'avons pas payé notre place, comme nous l'aurions fait pour une soirée privée, mais nous étions dans un endroit spécial, comme dans une soirée privée.

Bref.

Nous sommes donc invités dans un endroit magnifique, mais à destination parfaitement verticale. Isolés comme nous le seront dans un recoin, nous pourrons laisser libre cours à nos envies ... dans certaines limites. Il faut tout de même éviter de se faire voir, et surtout de faire du bruit. Heureusement, la musique sera forte et la pénombre totale.

Traversant les boiseries dorées et gravissant les escaliers de marbre, nous pénétrons dans notre alcôve. Nous sommes huit, trois couples, un homme et une femme. Un autre groupe de sept se dissimule dans l'alcôve nous faisant face.

Le temps passe vite. Nous sommes presque tous nus, nous mélangeant allègrement. Des images me reviennent. Ma moitié m'a pris en bouche et je caresse les fesses nues de deux autres femmes / Mon doigt va et vient au fond d'un sexe pendant que ma moitié gémit et tremble sous les assauts d'un autre homme ; nous nous embrassons et nous soufflons des mots d'amour à l'oreille / impression de déjà vu quand R*** jouit de mes attentions en serrant ma moitié dans ses bras ; marques d'ongles sur le bras / embrasser un homme n'est pas si différent qu'une femme ; il pique, mais le baiser est très agréable / une autre première fois que je garde pour moi / je passe ma cravate au cou d'une femme et je tire pour amener sa bouche sur mon sexe / épuisé, je m'allonge sur le sol et renverse un verre de champagne / la joie toute particulière de ne pas se souvenir du prénom des gens avec qui on vient de baiser ; et de savoir que c'est réciproque ; et peu importe.

Le temps de reprendre des forces pour poursuivre nos jeux, et la fin de la bataille sonne déjà ! Eh oui, nous avions un temps limité, chronométré. Le monde vertical n'attend pas.

Nous sortons précipitamment, comme des voleurs, souriant du bon tour que nous venons de jouer. Une fois dehors, l'idée de se séparer de suite est insupportable. Nous nous dirigeons vers le dernier café à la mode. Cette fois, ne pouvant faire autre chose à cause du lieu et de la fatigue, nous discutons.

Communion d'esprit après la communion des corps.