mercredi 19 mai 2010

Premier coup de truelle

A l'heure où vous lirez ces lignes, je serai en train de commencer les travaux de mon appartement. Enfin ! Cette idée me procure une pêche incroyable, même si l'ampleur de la tâche reste intimidante. C'est le début de la fin, et ce n'est pas trop tôt.

Mlle Amaranthe a visité mon appartement il y a quelques semaines. Elle a convenu qu'il n'était pas habitable en l'état. Je n'ose croire que ce n'était qu'un prétexte pour m'avoir dans son lit un peu plus souvent.

Voici donc la liste des choses qu'il me reste à faire :
- Déblayer le reliquat des affaires de ma grand-mère
- Faire rétablir l'eau chaude
- Poncer le crépis couvrant l'un des murs du salon
- Arracher la moquette du salon, gratter la colle
- Décoller le papier peint
- Retirer la peinture écaillée par un dégât des eaux dans la salle de bain
- Reboucher les trous laissés par les gros travaux précédents (reste la cuisine)
- Enduire et lisser les murs (reste la cuisine)
- Peindre les plafonds (reste ... la cuisine)
- Peindre les murs (reste une couche dans la cuisine)
- Placer un nouveau revêtement dans le salon et la chambre
- Meubler le salon et la chambre
- Changer les rideaux
- Faire deux-trois décorations personnelles
- Faire installer internet :)
- S'occuper de ce que j'ai fatalement oublié dans cette liste
- Déménager mes affaires encore chez mon ex-femme
- Crémaillère !

J'éditerai ce billet au fur et à mesure de mes avancées. Inutile de dire que je serai moins présent sur internet pendant ce temps-là. Bon, ça ne changera pas grand-chose pour le blog, mais ne vous étonnez pas si je suis lent à répondre aux mails.

dimanche 16 mai 2010

Mai 2010 - Le WE

Mlle Amaranthe porte une robe blanche et noire à froufrous, des bas noirs et des escarpins à hauts talons. Dans le métro, elle sort une brosse de son sac pour ajuster une dernière fois sa coiffure. Elle n'est pas sûre d'elle, et mes compliments n'y changent pas grand-chose. Certes, l'amour me rend aveugle, mais pas à ce point-là. Elle est belle.

Nous arrivons à la porte du WE, anciennement l'Hôtel des Sens, peu de temps après l'heure d'ouverture indiquée sur le site. Le personnel vient seulement d'arriver, nous sommes les premiers clients de la soirée. Très gentiment, le gérant nous fait visiter les multiples étages de son club, puis nous fait la conversation en attendant que d'autres couples arrivent. Il prédit une petite soirée (1) en raison du long week-end, ce à quoi nous n'avions pas pensé.

Effectivement, les entrées se font au compte-gouttes. Réfugiés dans le coin fumeur, nous somnolons doucement. Enfin, surtout moi, qui ait eu une journée très physique la veille (2). Il faut attendre plus de minuit pour la boîte se réveille, et nous avec. Direction le bar, puis la piste de danse.

Le club est magnifique, sur cinq étages, savamment décoré en noir et rouge, plein de trouvailles et de touches luxueuses. Je recommande particulièrement les lavabos, par exemple. Ou le fauteuil ballon. Quant aux coins câlins, tous aussi bien conçus, ils sont vastes et ouverts. C'est en quelque sort un open space libertin. Aucune porte ne ferme, pour la simple raison qu'il n'y a pas de porte. Ou même de murs. Ce n'est pas un club pour débutants ou pour couples illégitimes faisant l'économie d'un hôtel. Ici, impossible de ne pas être vu.

Et c'est là que le bât blesse. La proportion de "vrais" libertins n'est jamais très élevée en club. Quand en plus, il n'y a pas grand monde à la base, il ne reste plus personne pour remplir cet espace dédié au stupre de groupe. Morne plaine, en quelque sorte. Dommage, le lieu se prêterait à des orgies dantesques.

Parmi les points positifs, on peut aussi noter la musique moderne et dansante (suffisamment pour me faire danser, ce qui n'est pas rien !), le gel lavant dans les coins câlins (3), la présence d'un fumoir ou encore la gentillesse du personnel. S'il faut trouver des points négatifs, seul l'affluence réduite me vient à l'esprit. Nous étions quand même une vingtaine de couples, suffisamment pour trouver chaussure à nos pieds, mais le club doit vraiment se révéler lors d'une soirée plus peuplée. Ah, par contre, la piste de danse est un peu petite.

Bref, le WE nous a énormément plu à tous les deux, et il entre directement dans la courte liste de nos clubs fétiches. Nous comptons bien y retourner, peut-être lors d'une soirée à thème où le club ferait le plein.



(1) Pour cette raison, le dernier étage du club restera fermé. Il n'est ouvert que pour les "grosses soirées". Dommage, nous en avions entendu du bien.
(2) N'allez rien imaginer de graveleux, petits coquins : j'ai juste participé à ... un déménagement !
(3) Je parle habituellement d'alcôve plutôt que de coins câlins, n'aimant pas particulièrement cet euphémisme, mais je ne me vois pas qualifier d'alcôve un étage entier ...

mercredi 12 mai 2010

Lecture : Thanatos

L'été dernier, j'ai lu un roman de Ryû Murakami : Raffles Hotel. C'était le premier que je lisais de cet auteur japonais, l'histoire d'un photographe qui rencontre une actrice qui s'avère être folle, à Singapour. Cet hiver, je me suis acheté un autre roman du même auteur : Thanatos. Autant dire que j'ai été assez surpris en lisant le résumé : un photographe sert d'interprète une actrice complétement timbrée. Mais à Cuba ! J'imagine que ça change tout ...

Et effectivement, les deux romans n'ont pas grand-chose à voir, mis à part le style et la trame. Les deux actrices sont folles de façons complétements différentes. Coupée de la réalité, elle revit constamment la passion sadomasochiste qu'elle a connu avec son amant, la racontant de façon décousue, suivant le fil élimé de la pelote de ses pensées.

"(...) je me suis mise à pleurer, et tout en pleurant je regardais le maître et c'est en le regardant comme ça sans fermer les yeux que j'ai eu le premier orgasme de ma vie, c'est-ce pas, Maître, vous vous en souveniez ? vous vous en souvenez sûrement, vous vous souvenez toujours de ce qui vous arrange, ne vous faites pas d'illusion, j'étais loin de penser toujours toujours toujours et uniquement à vous, au contraire, toujours toujours toujours je vous oubliais en permanence, simplement je n'ai jamais pu vous le dire en face, pendant les deux ans et demi que j'ai vécu avec vous (...)"

Notez bien qu'elle ne parle pas à son maître, mais au photographe (qu'elle prend pour son maître, ou pour un envoyé de celui-ci, ou ...).

"je sentais que j'avais capitulé devant quelqu'un, que j'étais soumise, mais étrangement, ce n'était pas désagréable, pendant que je pensais cela, sans pouvoir m'arrêter de pleurer, je revivais la scène où je m'étais masturbée en vomissant, je me suis vue comme un animal, oui, un animal, un animal, sur un pont, ou sur un toit, qui crie d'une toute petite voix, ce n'était pas désagréable (...)"

Ici, l'actrice prend la voix de son amant.

"(...) moi, je ne fouette pas les filles jusqu'au sang, je n'aime pas forcer les gens à faire ce qu'ils n'aiment pas, je trouve ça vulgaire, en Europe et en Amérique le sadomasochisme est purement physique, par exemple il consiste juste à faire couler le sang, parce que depuis le Moyen Âge, entre les invasions, les annexions, les révoltes et les guerres, le temps leur a manqué pour le raffinement, (...) c'est pour ça que je ne bois pas la pisse des femmes, la pisse c'est de la pisse, le Dom Pérignon rosé ou le Veuve Clicquot Grande Dame ou le Krug, c'est le fruit du travail et du savoir-faire des vignerons français, on ne peut pas accepter de mélanger ça avec de la pisse, c'est comme les cons qui mangent du sashimi sur le corps de femmes nues, c'est vulgaire."

(Zut, j'ai des envies vulgaires ... enfin, au moins une !)