vendredi 4 décembre 2009

Les Martre - août 2009

On a toujours une connaissance parcellaire de ces lecteurs. Ceux qui laissent des commentaires ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Une foule d'anonymes passe sans laisser de trace ailleurs que dans les statistiques du site. Parfois, un anonyme sort de la foule et prend un nom. C'est le cas de M. et Mme Martre.

(La martre est certainement un animal sympathique, mais c'est en hommage à leur poils dont on fait des pinceaux que j'ai choisi ce pseudonyme. M. Martre est un maître es-brosse, comme je l'ai découvert sur son blog.)

M. et Mme Martre, donc, m'ont contacté directement sur MSN. (Mon adresse est sur le premier billet du blog.) Ils avaient une proposition inattendue : se dévoiler devant moi, par webcam interposée. Cela ne fait pas spécialement partie de mes fantasmes, mais je n'étais pas contre l'idée, d'autant plus que la période estivale était désertique sur le plan ... heu, sur tout les plans en fait.

Je me suis étonné qu'ils me contactent pour ça, les volontaires devant déjà se bousculer à leur porte. Je n'avais pas réfléchi à la chose du point de vue du couple, Mlle Coquelicot n'étant pas du tout intéressée par l'exhibition. Mais il semble qu'une partie du plaisir de se montrer vient de la qualité de l'homme qui regarde. Que les lourdauds gâchent la fête en quelque sorte. Qu'un voyeur intéressant ne soit pas si facile à trouver. Ce qu'ils avaient lu de moi sur mon blog leur plaisait, d'où la proposition. Que j'ai acceptée.

Une fois les détails techniques résolus, j'ai vu ... une chaise. Eux ne voulaient pas me voir, j'avais donc occulté ma propre caméra. Pas de son, une image en noir et blanc. Du moins dans mon souvenir ... j'ai peut-être juste oublié la couleur.

Une jeune femme est entrée. Jeune, mince, cheveux courts. Un masque blanc lui cachait le visage. Elle portait des bas, une chemise et ... un chapeau ! Elle s'est approchée de la chaise et s'est mise à se déhancher, en retirant un par un ses vêtements. Je n'avais pas le son, mais je l'imaginais danser au rythme d'une musique inaudible de mon côté. En fait, je pensais même qu'elle suivait une chorégraphie préparée, tellement ses gestes s'enchaînaient naturellement. J'ai appris après coup qu'il n'y avait ni musique, ni préparation. Chapeau.

Une fois presque nue, elle s'est caressée doucement. Puis un homme l'a rejoint, tout aussi jeune. Ils se sont embrassés passionnément. L'homme s'est assis, la jeune s'est accroupie entre ses jambes et a pris son sexe entre ses lèvres. Ensuite, ils ont eu envie de passer à autre chose, où je n'étais plus nécessaire. Après m'avoir fait au revoir de la main, ils ont éteint leur caméra.

Au final, la position de voyeur est intéressante, mais déroutante. Je n'ai pas ressenti de gêne, mais plutôt une distance due à la caméra. Et un côté passif, forcément. Pourtant, les Martre sont très agréables à regarder. Beaux et doux dans leurs gestes. J'aurai aimé les voir aller plus loin.

jeudi 3 décembre 2009

Mauvais joueur

Je fais un peu d'apnée nocturne. Oh rien de grave : une narine bouchée, l'autre pas mal obstruée et je respire difficilement. Il me suffit de bouger un peu et ma respiration reprend normalement.

Et si je dors trop profondément pour bouger, mon cerveau se charge de me réveiller. Sa méthode ? Me faire faire des cauchemars. Cette nuit, j'ai ainsi rêvé que j'organisais un jeu avec des amis et l'Homme en Noir, une sorte de réconciliation.

Nous étions ... hum, c'est difficile à dire. Dans mon rêve, c'était censé être la maison de ma grand-mère, celle qu'elle habitait avant l'appartement que je vais bientôt habiter et qui est vendue depuis 10 ans. Mais dans le rêve, elle se mélangeait à ma maison rouennaise que j'ai dû la laisser à Mlle Coquelicot. Et elle ressemblait à une troisième maison ... Bref, le bordel onirique classique.

Ma nostalgie de ces maisons s'est progressivement changée en angoisse, puis en colère. Dans le rêve, je me suis mis à pleurer. Alors j'ai crié à l'Homme en Noir : "Tu m'as pris ma femme ! Tu m'as pris ma maison ! Tu m'as pris mes enfants ! Qu'est-ce que tu veux de plus ?!?"

Et là, je me suis réveillé. L'illusion s'est dissipée, mais l'angoisse était toujours là. Je me suis retourné pour mieux respirer. J'ai serré un oreiller contre moi et je me suis rendormi.

Un oreiller...

mercredi 2 décembre 2009

Séléne - août 2009

Séléne est une lectrice et commentatrice de mon ancien blog de longue date. Nous avons aussi échangé quelques mails après ma séparation d'avec Mlle Coquelicot. Ayant découvert qu'elle habitait non loin d'un endroit où je passerai une partie de l'été, nous avons convenu d'une rencontre.

Son ami ne pouvant pas venir, c'est elle seule que j'attendais devant les portes de la ville. Bien sûr, nous étions d'accord pour une rencontre en tout bien tout honneur, un midi. N'empêche qu'il me courait des idées dans la tête en la voyant arriver dans sa robe légère et ses sandales.

J'ai constaté depuis toute l'ambiguïté de cette notion de "en tout bien tout honneur". Si elle revient souvent dans le discours des femmes qui se proposent de me rencontrer, elle cache des réalités très différentes. Parfois, comme avec Séléne, elle est à prendre au pied de la lettre. Parfois, c'est juste une forme de protection, une porte de sortie que l'on se ménage à l'avance. Et la femme qui annonçait une rencontre "en tout bien tout honneur" peut se retrouver quelques heures plus tard entre vos cuisses à tenter une gorge profonde...

Cela, je ne le savais pas encore empiriquement, mais je m'en doutais déjà. Et en discutant libertinage avec Séléne, je restais à l'affut de signes qu'il se passerait entre nous deux autre chose qu'un simple déjeuner. En parlant de son piercing à la langue, elle m'a expliqué qu'elle se l'était fait poser après avoir embrassé un homme en portant un. L'expérience avait été tellement plaisante qu'elle avait voulu en avoir un à son tour. A ce moment-là, j'aurai aimé l'embrasser moi aussi, en prenant l'excuse de la découverte de ce baiser percé que je ne connaissais pas. Je n'ai pas osé.

J'ai bien fait, je crois. Il y avait une part de timidité dans mon non-passage à l'acte, mais aussi une part d'intuition qui me disait que ce n'était pas le moment, qu'il n'y avait pas d'envie de sa part.

Même sans ce baiser, je garde un très bon souvenir de notre rencontre. Comme avec les Lejanne en juillet, j'ai trouvé agréable de pouvoir parler librement, sans retenue de ses envies, de sa vie. Presque un soulagement. Et puis, j'ai été époustouflé par la vie de Séléne, dont elle ne relate que des bribes dans son blog. Arriver à combiner vie de couple, libertinage, maîtresses et amants, voilà qui ressemble beaucoup à ma vie rêvée.