lundi 31 août 2009

Boîte à chapeau

Il y a à Saint-Malo, derrière les murs, une piscine d'eau de mer. C'est un concept étrange, une retenue d'eau à l'air libre, qui se remplit à marée haute et permet d'avoir la mer à deux pas à marée basse ... sauf que la mer est à 50 mètres au maximum !

Bref, il y a un plongeoir sur cette piscine, tout en béton. Pour la première fois depuis des années, je suis remonté dessus, seul adulte au milieu de gamins et d'ados. J'ai fait une pause au bout du promontoire, pas longtemps, et malgré mon appréhension, j'ai sauté.

J'ai été englouti par l'eau, les ténèbres, le choc. Mais j'en suis sorti rapidement, plutôt content de moi. (Il m'en faut peu !)

Eh bien, dans la vie aussi, il faut parfois savoir sauter malgré son appréhension.

Ma grand-mère est morte au début du mois d'août, à l'âge de 96 ans. Elle laisse derrière elle beaucoup de souvenirs, mais aussi un appartement près de Versailles, à deux pas d'une gare. Appartement qui sera bientôt à ma disposition, une fois les travaux nécessaires effectués. Je vais donc être francilien, en revenant sur les terres de ma naissance et de mon enfance.

Ce choix s'est imposé à moi pour plusieurs raisons. Financières déjà, le loyer "familial" qu'on me propose me permettant de garder mon job de traducteur pigiste dans le domaine qui me passionne plutôt que de chercher un travail alimentaire. Mais aussi personnelles, puisque je pourrais ainsi vivre la vie dont je rêvais depuis longtemps, et que j'ai essayé de partager avec Mlle Coquelicot sans y arriver. Je ne parle pas seulement de libertinage (même si c'est une composante importante), mais aussi de mon travail (je vais peut-être trouver le temps d'écrire ?) et dans mes sorties culturelles et sociales (Paris étant à deux pas !!).

Ma situation n'est pas parfaite, loin de là, mais j'ai la chance de construire quelque chose de très agréable. Cette décision et ces perspectives ont achevé de me redonner la pêche ! Pour peu, j'aurais presque confiance en l'avenir :)

jeudi 20 août 2009

Flux et re-flux

La douleur est une égoiste. Quand elle est là, elle monopolise toute l'attention, occultant tout ce qui peut se trouver autour. Heureusement, quand elle finit par s'éloigner un peu, et que l'on remet les choses en perspective, on redécouvre de nombreuses preuves de vie. Je ne vous fais pas la liste, mais ça va mieux. :)

jeudi 13 août 2009

Un coeur qui bat

Mon coeur bat, je le sens bien. Mais en dehors de cela, quelles preuves ai-je que je suis encore en vie ?

lundi 10 août 2009

Lady S.

Il y a une semaine, mes amis Libertango et Lamyss publiaient un billet sur leur rencontre avec une mystérieuse libertine du nom de Lady S. Celle-ci y prenait la plume pour relater sa première expérience libertine en leur compagnie, une plume d'une telle qualité que je l'encourageais dans les commentaires à ouvrir son propre blog. Ce qu'elle a fait : Lady S, secrets d'alcôve ! Comme je m'y attendais, on y retrouve des textes bien écrits, souvent aussi salaces que touchant.

J'ai aussi eu une surprise, puisqu'il se trouve que j'ai déjà correspondu avec cette Lady S., par un autre biais et sous un autre nom. Nous avions même déjà convenu du principe d'une rencontre à l'orée de l'automne... Vivement que les feuilles tombent !

mercredi 5 août 2009

Conseils aux débutants hésitants

Un couple attiré par le libertinage m'a posé quelques questions sur les clubs échangistes. Malgré ma maigre expérience, j'ai essayé de leur répondre au mieux. Ils m'ont autorisé à reproduire nos échanges pour l'édification de mes lecteurs.

N'est-on pas considéré comme "nouvel arrivage" quand on franchit le seuil ? Je ne peux m'empêcher de penser que tout nouvel arrivant doit être dévisagé (même discrètement) et jaugé...

Si vous fouillez sur le site du No Comment, vous trouverez dans la revue de presse une interview du patron qui explique que 50% des clients chaque jour sont des nouveaux venus.

Cela correspond à mon sentiment. S'il y a bien des habitués dans le club, salués par les patrons et le personnel, ils sont très peu nombreux. D'autres personnes se connaissaient (on les voit attendre la fin des galipettes pour se saluer !), mais la grande majorité des clients sont des gens anonymes, qui ne se connaissent pas les uns les autres et n'ont aucun moyen de savoir quand vous entrez si vous êtes vous-mêmes des nouveaux venus ou si vous en êtes à votre vingtième soirée.

Le libertinage n'est pas un "milieu" fermé et occulte, difficile à pénétrer et composé de gens se connaissant tous les uns les autres. Ce sont des gens normaux, souvent dans des situations pas très différentes de la vôtre. Et ils sont bien trop nombreux pour tous se connaître, surtout dans les clubs parisiens.

Par contre, c'est vrai que l'on va vous regarder en entrant, vous jauger. Mais ces regards sont discrets la plupart du temps, et plutôt amicaux. Et s'ils ne sont pas discrets cela ne veut dire qu'une chose : que les personnes en question ont envie de faire "connaissance" avec vous ! Ne rendez pas leur regard et ils comprendront qu'il est inutile d'insister. C'est aussi facile que ça.

Vous-même, une fois installés dans un fauteuil à siroter votre boisson, vous aurez probablement envie de regarder les nouveaux arrivants et de vous imaginer faire des choses avec eux. C'est naturel.

N'est-on pas tenté de franchir le pas même avec quelqu'un qui ne nous plait que moyennement, juste parce que on se dit qu'il faut bien se lancer un jour et qu'on n'est pas venu faire tapisserie...?

Eh bien tout dépend de votre personnalité et de votre motivation en entrant. Comme vous l'avez vu dans notre propre expérience, nous étions là pour "passer à la casserole" et nous avons fait ce qu'il fallait pour que cela arrive. Mais si nous avions été moins entreprenants, il ne se serait rien passé du tout.

Voilà ce que vous risquez de pire dans un club : qu'une personne pose la main sur votre épaule ou votre mollet. C'est une forme de question, en attente d'une approbation pour aller plus loin. Repoussez cette main et la personne comprendra et repartira. C'est ainsi que ce font les négociations.

Dépasser les limites que l'on s'est imposé au départ est toujours un risque dans une expérience libertine. C'est pourquoi il est très important d'en parler entre vous, non seulement sur les points acceptés ou non, mais aussi sur leur importance. Vous n'avez peut-être pas envie de prodiguer une fellation à un autre homme a priori, mais si l'envie vous en prend sur le coup, mieux vaut savoir à l'avance si votre mari sera d'accord, si vous devez lui demander la permission ou si c'est inacceptable pour lui (ou encore si en faisant cela, vous lui donnez implicitement votre accord pour que lui-même reçoive une fellation d'une autre femme ; ce sont des choses qui se décident à deux).

Il est aussi important de se préparer des codes, parce que les choses vont vite en club et que l'éclairage obscur ne permet pas toujours de voir si son compagnon est à l'aise ou pas avec ce qui se passe.

Avec Mlle Coquelicot, notre signal était : si je te serre la main, c'est que je suis d'accord. Si je la prends mais sans serrer, c'est que je n'ai pas d'avis, tu peux le faire si tu veux. Une tape sur la main : Panique, on arrête tout ! Cela dit, même ce signe simple n'a pas très bien marché dans la chaleur du moment.

Bref, allez-y doucement et discutez beaucoup après chaque sortie. Nous avons probablement eu le tort d'aller trop vite, directement vers l'échangisme. Un peu de voyeurisme aurait permis de voir les problèmes plus tôt et ils auraient été moins graves. Enfin, il est un peu tard pour y penser.

Si vous vous mettez d'accord dès le départ pour aller en club voir comment ça se passe mais n'avoir aucun contact avec d'autres personnes, je pense que ça peut marcher. Les choses sont bien cloisonnées au No Comment. Vous êtes "en sécurité" dans la discothèque, vous pouvez aller mâter dans les alcôves, et si vous êtes vraiment chauds, vous pouvez vous isoler dans une cabine pour faire l'amour (les portes ferment ; personne ne viendra vous déranger) ou, si vous êtes plus téméraires, sur une banquette ou un coin du grand lit (mais vous risquez des attouchements comme décrit ci-dessus, qu'il faudra prendre le temps de repousser et ... qui risquent de vous tenter !).

Nous ne souhaitons pas nous mettre de limites dès le départ (sans pour autant franchir toutes les étapes d'un coup), se laissant le soin d'apprécier selon la situation et le degré d'excitation.

C'est bien, mais réfléchissez quand même à tout avant. Par exemple, j'ai été choqué que Mlle Coquelicot se laisse embrasser sans retenue lors de notre visite au No Comment... (sur la bouche, avec la langue et tout). Pour moi, il allait de soi que les baisers restaient entre nous. J'avais lu partout que les couples n'échangeaient pas de baisers a priori, donc je pensais que c'était sous-entendu. Et autant j'ai apprécié qu'elle embrasse une femme, autant ça m'a fait un coup qu'elle embrasse aussi un autre homme ... Et il était bien trop tard pour lui en parler.

Quelle sorte de gens peut-on y croiser? Certainement de tout... mais le physique compte beaucoup pour notre première fois même si cela ne fait pas tout! Quelle tranche d'âge? Quel milieu social?...

En choisissant un club qui vous ressemble, vous trouverez une clientèle qui vous ressemble. Nous étions très bien au No Comment les deux fois. La moyenne d'âge et le look des clients changent à chaque soirée, il n'est pas possible de vous répondre là-dessus. Par contre, ils sont très variés : les âges vont de la vingtaine à la cinquantaine, et on trouve des gens de toutes sortes et de toutes apparences.

Et puis... est-ce vraiment important ? Des trois couples avec qui nous avons eu des contacts, les troisièmes sont ceux qui nous ont donné le plus de plaisir, qui ont été les plus attentionnés et les plus doux ... et ce n'étaient pas les plus beaux, loin de là (10 ans de plus que nous, des kilos en trop, etc). Si nous ne nous étions pas retrouvés tous les quate côte à côte sur le grand lit, je ne les aurais même pas regardés, et j'aurais eu bien tort, car ils m'ont laissé un magnifique souvenir.

Le milieu social doit lui-aussi varier en fonction du club (et de ses tarifs), mais il est très difficile à deviner en voyant les gens. Tout le monde est plutôt beau et bien habillé (la limite entre le sexy et le vulgaire est parfois franchie, mais c'est un autre débat), et bien malin qui saurait reconnaître là-dedans le directeur de banque et le caissier d'Auchan ... Personnellement, je ne m'y risquerais pas.

Nous espérons seulement pouvoir rencontrer des personnes qui nous ressemblent : un physique plutôt agréable sans être top model (ce qui est totalement subjectif nous sommes d'accord, il est surement préférable d'employer le terme " charme"), dénuées de vulgarité (tant vestimentaire que dans l'expression orale).

Pour ce qui est de la vulgarité, on en trouve toujours un peu, tout dépend de votre sensibilité. Cela dit, si vous choisissez un club qui vous ressemble (dont le goût affiché sur le site vous correspond), cette vulgarité devrait être assez minoritaire. Au No Comment par exemple, les gens étaient majoritairement dans nos tranches d'âge et de look, avec une part plus jeune (et souvent plus beau) et une part plus vieux, mais presque tous assez classe. Personne ne nous a parlé, donc je ne peux pas vous dire de ce point de vue là ! (Ne vous attendez pas à de grandes discussions ou même de grandes séductions ... nous n'avons échangé que quelques phrases banales avec nos partenaires.)

Au pire, dites-vous aussi que vous devrez peut-être faire quelques clubs avant de trouver celui qui vous plaira (ou de tomber le bon jour : la clientèle change chaque soir).

Oserai-je me permettre encore une question: pourquoi préférer un club plutôt qu'une rencontre privée? Est-ce par soucis de "choix à disposition" ?

Par réticence de Mlle Coquelicot. Le club lui paraissait plus simple à gérer.

Si on rencontre un couple en privé, il y a toujours le risque qu'on ne se plaise pas, et il semble plus délicat de faire machine arrière qu'en club. Elle avait peur de se trouver entraînée dans une relation dont elle n'aurait pas envie. En club, on a le temps de faire des manoeuvres d'approche, de choisir ses partenaires, et il est normal de repousser ceux qui ne nous plaisent pas. Le choix de visu est aussi plus simple qu'avec une simple fiche de site de rencontre. Et puis, effectivement, en club, on a plus l'impression de choix. Ce n'est pas forcément vrai au final ; on se retrouve à faire l'amour avec les gens qui sont à côté de soi sur le grand lit, ou qui acceptent de vous rejoindre en cabine ... plutôt qu'avec les couples qui nous feraient craquer !

En plus, Mlle Coquelicot n'avait pas envie d'inviter quelqu'un chez nous ("notre maison est un sanctuaire !") ou d'aller chez des gens ("et s'ils sont dangereux !"). Elle ne voulait pas non plus aller à l'hôtel ("Trop impersonnel"). Vous voyez le genre ... En fait, elle n'avait pas trop envie de rencontrer des gens tout court ! J'aurai dû le comprendre à l'époque ! Bref.

Dommage que votre histoire se soit soldée de cette façon, aussi nous tenons à être patients et prudents pour ne pas connaître les mêmes déboires... tout en sachant que la réalisation de nos fantasmes sera certainement différente de ce que nous imaginons!

Tout à fait. Vos premières sorties ou rencontres peuvent mal se passer, notamment pour monsieur. Pour mettre les points sur les i : j'ai eu de gros problèmes d'érection lors de nos deux sorties (mais surtout la première) et c'est apparemment très fréquent chez les débutants. Donc, il faut le savoir et ne pas stresser si ça arrive.

Quant à votre couple, l'idéal est sans doute d'avancer à tout petit pas, pour faire le moins de dégâts possible si ça ne marche pas pour l'un ou pour l'autre.

Bref, nous ne sommes pas encore prêts à nous rendre dans ce genre d'endroit, mais des éclaircissements pourraient peut-être nous faire reconsidérer notre position...

Franchement, si vous êtes vraiment curieux de cela tous les deux, une simple visite ne peut que bien se passer. Un club libertin n'est pas un traquenard !